L'offre classique « 2 % d'escompte pour paiement à 8 jours » (au lieu de 30) paraît anodine. Annualisons :
Gain de délai : 30 − 8 = 22 jours Coût : 2 % du montant pour 22 jours Taux annualisé : 2 % × 365 / 22 ≈ 33 %/an
Autrement dit, le vendeur qui accorde cet escompte « emprunte » à 33 % par an. À comparer à un découvert (8-15 %), un Dailly (~5-8 % tout compris) ou l'affacturage (1,5-4 % par facture, recouvrement inclus). Conclusion sans appel : accorder un escompte est le financement le plus cher qui existe — à ne dégainer qu'en tension réelle, sur les grosses factures, et jamais en condition permanente affichée au tarif.
Le miroir est tout aussi vrai : côté acheteur, accepter un escompte est un placement à 33 %. Si votre trésorerie est saine, payer à 8 jours contre 2 % de remise bat n'importe quel placement d'entreprise. Les grandes entreprises l'ont compris depuis longtemps — leurs services achats traquent les escomptes systématiquement.
La mention sur facture, souvent ratée : l'article L.441-9 du Code de commerce impose d'indiquer les conditions d'escompte sur chaque facture. Si vous n'en accordez aucun, écrivez « Escompte pour paiement anticipé : néant ». L'absence de cette mention fait partie des motifs de contravention relevés en contrôle DGCCRF.
L'escompte bancaire consiste à remettre à sa banque un effet de commerce (lettre de change, billet à ordre) avant son échéance : la banque avance les fonds, moins les agios (taux d'escompte + commissions), et se rembourse à l'échéance auprès du tiré (votre client).
Là où on le croise encore : négoce inter-entreprises, BTP, secteurs où la traite reste un instrument de paiement courant. Pour une PME de services qui facture par virement, l'escompte bancaire n'a simplement pas d'objet — c'est le Dailly ou l'affacturage qui jouent ce rôle.
Points de vigilance :
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Essai gratuit 14 joursL'escompte réduit la base d'imposition : si le client paie avec escompte, la TVA est due sur le montant effectivement payé. Deux traitements possibles : émettre la facture nette d'escompte conditionnel avec la mention adéquate, ou émettre un avoir pour la différence si la facture initiale était au montant plein. En pratique, les logiciels de facturation gèrent l'escompte conditionnel en pied de facture avec le double affichage (montant plein / montant escompté) — le plus propre comptablement.
Escompte accordé à un client : charge financière au compte 665 « Escomptes accordés ». Escompte obtenu d'un fournisseur : produit financier au compte 765 « Escomptes obtenus ». C'est une particularité française notable : l'escompte est traité comme un élément FINANCIER, pas commercial — il n'affecte donc ni votre marge brute ni votre EBE, mais votre résultat financier. Un dirigeant qui pilote à l'EBE peut ainsi « cacher » un coût d'escompte élevé sans le voir dans ses indicateurs opérationnels — d'où l'intérêt de le suivre séparément.
Oui. Un client qui paie à 10 jours en se servant d'un escompte de 2 % que vous n'avez jamais accordé commet une déduction d'office non contractuelle — pratique malheureusement courante des grands comptes. Réclamez le complément par écrit en rappelant les conditions de la facture ; en cas de récidive, c'est un motif de signalement DGCCRF (pratiques restrictives de concurrence, article L.442-1 du Code de commerce). En prévention : indiquez explicitement « Escompte : néant » sur chaque facture, ça coupe court à l'ambiguïté.